Alors que les effets du changement climatique s’intensifient à l’échelle mondiale, le financement de l’adaptation reste dramatiquement insuffisant, tandis que les « gouvernements régionaux s » assument de plus en plus la responsabilité de la résilience sur le terrain. Le 11 novembre 2025, le rapport d’étape 2025 de l’initiative « RegionsAdapt » intitulé « Financer l’adaptation là où le changement s’opère : Renforcer l’action au niveau infranational pour combler le fossé » a été présenté lors de la COP30, à Belém, au Brésil. Ce rapport offre un aperçu détaillé de la situation actuelle des régions en matière de financement de l’adaptation : les défis auxquels elles continuent de faire face, les solutions qu’elles mettent déjà en œuvre pour financer des territoires résilients au changement climatique, ainsi que les recommandations clés visant à intensifier l’action et les investissements là où la résilience se construit.

En s'inspirant des 41 membres de l'RegionsAdapt , le rapport présente 11 exemples d’initiatives régionales qui montrent comment des stratégies combinant biodiversité et financement climatique peuvent favoriser des actions climatiques efficaces. Des recettes issues du carbone aux mécanismes décentralisés, ces exemples illustrent comment la mobilisation du financement climatique peut produire des résultats positifs tant pour la nature que pour les communautés.

Aperçu des principales conclusions

Le financement de l’adaptation fait défaut là où les besoins sont les plus pressants. Les communautés les moins responsables de la crise subissent déjà les pertes les plus lourdes. Pourtant , ce financement reste largement insuffisant : à eux seuls, les pays en développement devront faire face à des coûts d’adaptation pouvant atteindre 365 milliards de dollars américains par an d’ici 2035, alors qu’en 2023, seuls environ 3,4 % du financement mondial pour le climat ont été consacrés à l’adaptation. Une part encore plus faible parvient au niveau infranational, là où l’adaptation se déroule au plus près des communautés, des écosystèmes et des infrastructures essentielles.

Les régions, le chaînon manquant du financement de la lutte contre le changement climatique

gouvernements infranationaux – les régions, provinces et États – gèrent les infrastructures, l’aménagement du territoire, l’eau, la santé ainsi que les systèmes ruraux et urbains où les effets du changement climatique se font déjà sentir. Ils opèrent à la croisée des ambitions mondiales et de la mise en œuvre locale. Or, les financements internationaux destinés à l’adaptation continuent d’être acheminés principalement par des canaux nationaux, ce qui limite l’accès des régions à ces fonds, freine l’innovation et réduit l’ampleur des actions réalisables sur le terrain.

Ce rapport met en évidence trois tendances :

  1. Les régions sont déjà à l'œuvre : elles amplifient les initiatives municipales, orientent les mesures d'adaptation intersectorielles et mobilisent leurs propres ressources financières.
  2. Des obstacles structurels persistent dans certaines régions : mandats insuffisants, faible solvabilité, manque de données et de suivi, et goulots d'étranglement dans la préparation des projets.
  3. La mise à l'échelle nécessite une transformation du système : des mécanismes spécifiques pour l'accès au niveau infranational, une gouvernance à plusieurs niveaux institutionnalisée, des écosystèmes de préparation des projets et la transparence dans le suivi des flux.

Les régions en action

Partout dans le monde, les « gouvernements infranationaux » ne restent pas les bras croisés. Ils sont à la pointe de l’innovation, mobilisent des ressources variées et élaborent des solutions adaptées au contexte pour renforcer la résilience. Les membres de l’initiative «RegionsAdapt » mettent en œuvre des outils tels que la budgétisation verte, les transferts budgétaires, les partenariats avec le secteur privé et les modèles de résilience équitable, tout en renforçant les cadres institutionnels et politiques nécessaires pour garantir que les financements destinés à l’adaptation parviennent aux acteurs de première ligne. Vous trouverez ci-dessous quelques-uns de ces exemples, qui illustrent comment les régions mobilisent déjà des financements dans la pratique :

  • Le modèle québécois de recettes issues du carbone : plus de 400 millions de dollars canadiens consacrés à l'adaptation et à la résilience.
  • Fonds climatique de la Catalogne : plus de 500 millions d'euros investis dans 81 projets depuis 2021.
  • Répartition du budget « vert » de l'Andalousie : 1,17 milliard d'euros de son budget 2023 sont consacrés à des dépenses liées au climat.
  • Le programme FLOCCA au Kenya : décentralisation du financement de la lutte contre le changement climatique vers les 47 comtés grâce à un modèle fondé sur la performance.
  • Transferts fiscaux écologiques du Paraná : 10 milliards de reais redistribués aux communes, permettant de préserver plus de 4 millions d'hectares de forêts et de réserves d'eau.
  • São Paulo, le Pays basque, Pastaza et Zamora Chinchipe, le Gauteng : autant d’exemples qui montrent que les régions peuvent innover — lorsqu’on leur en donne les moyens.

# «RegionsVoice » : des histoires régionales inspirantes

Plusieurs témoignages tirés du rapport d’étape « RegionsAdapt » figurent également dans notre base de données d’études de cas et dans le cadre de notre campagne «RegionsVoice ». Découvrez ci-dessous une sélection de ces témoignages et rendez-vous sur la page complète de la campagne « RegionsVoice » pour les découvrir tous.

  

Un appel à l'action pour la COP30 et au-delà

Pour transformer les efforts régionaux en actions à grande échelle, la COP30 doit mettre en œuvre trois changements systémiques essentiels :

  • Institutionnaliser les rôles des collectivités territoriales: intégrer l’ gouvernements régionaux dans les contributions déterminées au niveau national (CDN), les plans d’action nationaux (PAN) et les stratégies nationales d’adaptation — les reconnaître comme des partenaires à part entière, et non pas simplement comme des acteurs chargés de la mise en œuvre.
  • Élargir l’accès direct: créer des guichets dédiés au financement de l’adaptation pour gouvernements infranationaux; simplifier les procédures et adapter le financement aux réalités régionales.
  • Mettre en place des écosystèmes de préparation des projets: financer la conception en phase initiale, l'évaluation des risques, le renforcement des capacités, la collecte de données et le suivi, ainsi que le développement de projets en cours de réalisation — afin que l'adaptation devienne un investissement rentable et évolutif.
  • Suivre les flux financiers au niveau infranational: garantir la transparence, la ventilation des données et la responsabilité — afin que le financement soit adapté aux risques et aux besoins, et que les actions menées au niveau infranational soient visibles et valorisées.
  • Investir dans une résilience équitable et favorable à la nature: l’adaptation doit placer au cœur de ses préoccupations les personnes, l’équité, les savoirs autochtones, les fonctions écosystémiques et la biodiversité — et pas seulement les infrastructures.

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